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Chaque style de chant harmonique trouve son inspiration dans le concert de la nature et les pratiques chamaniques et animistes. Au Touva, on en répertorie cinq principaux et de nombreuses variantes : sygyt, ezengileer, borbannadyr, kargyraa, xomej.
L’un des styles les plus harmonieux est le chant sygyt, qui se traduit par « siffler » et qui demande une tension soutenue au niveau laryngé, lingual et dans la pression du souffle. Pour évoquer l’important travail diaphragmatique que nécessite ce chant aux harmoniques flûtées, les touvas disent que "le ventre doit être aussi dur qu’une pierre."
L’ezengileer - qui se traduit par « l’étrier » - évoque le galop du cheval. A l’écoute, il est proche du son de la guimbarde et le mouvement de la langue qui claque derrière les dents remplace celui de la petite lame de l’instrument chamanique.
Le roulement du chant borbannadyr évoque parfois l’orage et les colères du vent. Il se caractérise parfois par son aspect triphonique : un bourdon dans le grave, un second qui lui « répond » par intermittence dans le medium, et un son harmonique dans l’aigu.
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Les chanteurs de gorge d’Asie Centrale ne le considèrent pas comme un style vocal mais plutôt comme une combinaison d’effets résultant des positions combinées des lèvres, de la langue et de la cavité buccale qui produisent des trilles harmoniques imitant par exemple des chants d’oiseaux.
Le chant kargyraa impressionne par ses voyelles ouvertes dans l’extrême grave, comme un trou béant, une plongée dans les entrailles de la terre. On distingue le chant kargyraa des steppes (xovu), moins grave et aux sonorités plus perçantes qui se pratique souvent à cheval en suivant les pérégrinations des troupeaux, de celui des montagnes (dag) où les résonances de la voix dans le bas-ventre sont comme une offrande aux dieux des cimes.
On retrouve également en Mongolie des styles équivalents de chant harmonique ou diphonique utilisant les résonances du ventre, de la poitrine, du nez ou de la tête, mais le plus connu dans toute l’Asie Centrale reste le xöömii qui désigne à la fois un style et l’appellation générique de tous les chants de gorge. Dans ce style qui a souvent été imité par les chanteurs harmoniques occidentaux, la langue reste bien à plat derrière les dents du bas tandis que les modifications buccales et labiales produisent les harmoniques.
 
Analyse spectrale d'un chant mongol
Son continu (en bas) et mélodie des harmoniques
 
Parmi ses nombreuses variantes, citons les chants xarkiraa xöömii, plutôt narratif et très grave, isgerex qui produit un son de flûte grâce au résonateur de la barrière bucco-dentale, opej-xöömii qui évoque une berceuse - appelé aussi tônmes- xöömii : « chant de gorge d’une douceur infinie ».  

 

 

- Qu'est-ce qui me guérit? La langue qui claque comme un fouet dans ma bouche, l'intention que je mets dans chaque son porté par le cheval du souffle?  

Philippe Barraqué
musicologue, musicothérapeute
fondateur du chant harmonique thérapeutique
 
                                                                                                                                        
 
 
 
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